Pérou

Trek autour de l’Ausangate

Pour ce trek, je décide de passer par un guide. Pour plusieurs raisons. D’abord, je n’ai pas réussi à trouver de bonne âme pour m’y accompagner et ce n’est pas pour rien : ce trek est bien moins touristique que les classiques vers le Machu Pichu et il est aussi plus difficile.  Aussi, sans gps, difficile de s’orienter car il est peu indiqué. Vu mon sens de l’orientation légendaire je ne me lance pas seule dans cette entreprise. Et la dernière raison : avec l’altitude, le trek est un peu difficile et prendre un guide implique aussi de ne pas porter sa nourriture et ses affaires (les chevaux le font). Banco, sortez les billets, j’appelle Juan (un guide qui vit près de Upis, village au pied de l’Ausangate). Je vous passe les détails pour communiquer avec lui qui ne parle que quechua et transcrit l’espagnol en phonétique et les délais entre les messages (oui il n’y a évidemment pas de réseau là haut dans les montagnes).

Jour 1

C’est une journée d’organisation / acclimatation. Je retrouve Juan (le guide donc), Tai (un américain) et nous prenons le bus direction Tinke. Après déjeuner, Juan nous emmène chez lui pour y attendre Amandine (française) qui nous rejoindra le soir. Là nous passons l’après-midi à 4000 m à jouer avec ses enfants. Enfin jouer, on ne s’énerve pas trop car dès qu’on court un peu on est à bout de souffle. Juan a 5 enfants : Benjamin – 14 ans, qui gère la maison, les chevaux et les alpagas quand papa n’est pas là, Juil – 11 ans qui a déjà fait 20 fois le trek et sera notre second guide, Beckie – 7 ans qui s’occupe de sa soeur de 3 ans, lui tricote de petits gants, Axel – 5 ans, le rigolo qui se marre tout le temps. Ils sont tous en sandales quand nous on se les caille. Ils se fabriquent un cerf-volant (sachet plastique et un peu de paille, pas besoin de dépenser).

Axel, Tai et Juil
Axel en pleine fabrication de cerf-volant
Beckie
Vue depuis leur maison

Après une mini marche d’acclimatation, la femme de Juan nous prépare un mate de coca en attendant le dîner et Amandine. On a le droit à une soupe et un plat à base de frites, riz, légumes et viande. Trop bon. On a donc de l’authentique, maison en terre comme presque partout, pas de douche et le strict nécessaire. Merci les couvertures en alpaga pour la nuit froide.

Jour 2

Nous rencontrons Tigri (bon je ne suis pas certaine du prénom là, c’est ce que j’ai compris) qui s’occupera des chevaux qui porteront le matériel. 3, rien que pour nous ?! Je comprendrai plus tard pourquoi. Pour cette première matinée nous traversons le mini village d’Upis puis commençons à apercevoir le fameux Ausangate, qui culmine à 6370m. Nous traversons des plaines et des troupeaux d’alpagas. Je suis devenue fan des bestioles : ils sont hyper curieux et lèvent tous leur longs cous pour nous observer.

Je vous présente l’Ausangate
Je vous présente les lamas

On passe ensuite un col à 4800 m pour découvrir un paysage désertique. A midi on nous prépare un repas super bon (et ça n’arrêtera pas pendant tout le trek). Grand luxe avec table, assiettes et tout. Attend on est en montagne là ? C’en est gênant de se faire servir ainsi.

Tai, Amandine et Juil

Vue sur un lac par dessus le marché. Puis, parés, on attaque un autre col à 5000 m pour retrouver des paysages plus secs.

Le soir, après 7h de marche (avec un petit sac à dos, l’altitude devient bien moins dérangeante) on nous offre un goûter à base de mate et de … popcorns ! Non pas comme au cinéma, ceux-là sont bien faits !

Jour 3

Après une nuit bien fraîche (aurait-on avoisiné les -10°C ?) on se lève aux aurores, une grosse journée nous attend. Pieds et mains gelés on accueille le soleil avec contentement. Le passage du col à 4900 m nous réchauffe lui aussi.

On redescend pour mieux remonter jusqu’à 4900 m pour découvrir. .. les montagnes arc-en-ciel ! Il est 8h on arrive presque avant la horde de touristes (environ 800 par jour) pour profiter du spectacle. Alors pourquoi ces couleurs ? Juan ne saura pas vraiment nous le dire. C’est la terre et les sédiments qui font ça. Pas le temps de se lancer dans une thèse, il faut redescendre car la journée est loin d’être finie.

Petit snack en observant un condor (trop loin, pas de photo) et on revient sur nos pas jusqu’au campement. Oui, on remonte le col à 4900 m. Pause déjeuner rapide et on repart tranquillement pour 2h plutôt plates. Là 2 choix, il est 14h30, soit on s’arrête, soit on rassemble nos forces, on continue et on gagne un jour de trek. Allez, on continue. Ca veut dire un nouveau col à 5200 m. Tous vainqueurs, nous avons le droit à une vue magnifique et une montagne arc-en-ciel rien que pour nous.

Vers le col à 5200m

Dernière descente de la journée et nous sommes au campement. Une fois de plus le dîner comme au restau était plus qu’apprecié après cette journée de 3 cols.

Jour 4

Allez on l’avoue, on est pas des machines, la journée de la veille nous a bien fatigué. Alors les 3h de faux plat jusqu’au col à 5000 m sont longues. Mais une fois encore, la vue vaut le détour. Et 1h de descente plus tard on est récompensés par le déjeuner.

Salut la viscache

Après 2h de descente, le cadeau du trek : des eaux termales avec vue sur les montagnes.

Jour 5

Retour sur Cusco après 2h30 de descente jusqu’à Tinke.

Bilan, un trek difficile (enfin pas pour Juil qui a tout fait sans s’essouffler, en fausses converses pour chaussures de marche) on ne dort jamais en dessous de 4600 m et on oscille autour des 5000 m en journée. Mais des vues sublimes, des paysages qui changent vraiment chaque jour. Je referai sans hésiter !

Maintenant, changement d’ambiance et direction la Bolivie !

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