Le Huayana Potosi est une montagne de 6088 m située à 2h30 de la Paz. Ce sommet fait partie des 6000 m les moins techniques à gravir d’Amérique du Sud, alors je décide de tenter ma chance. Me voilà donc partie pour 2 jours d’excursion. Le 1er jour, une voiture nous emmène jusqu’au camp de base. Après un déjeuner expédié en 10 min, nous montons avec le matériel jusqu’au Campo Alto à 5130 m. Sauf que. On dirait bien que mon corps a décidé d’avoir une intoxication alimentaire. Et ces 3h de marche sont bien douloureuses (sans parler des 17 kg sur le dos…). A 17h on est couchés car on se lève à 00h pour commencer l’ascension le lendemain. Merci l’intoxication, la nuit est douloureuse pour moi et je pars avec très peu d’énergie, n’ayant rien avalé depuis la veille. On enfile toutes nos couches (il va faire jusqu’à -15°), bottes, crampons, piolets. On s’encorde et c’est parti, à la lueur de nos frontales. Au bout de 3h de montée, à 5600 m, je suis épuisée et mon corps ne suit plus. (Cette fois les 17 kg sont répartis sur nous). J’exprime que je ne peux plus, il faut que je redescende. Mon binôme, (un brésilien) qui n’est pas en grande forme à cause de l’altitude, veut continuer. Sauf qu’il n’y a qu’un seul guide et c’est soit tout le monde descend soit on continue tous. Pour moi ce n’est plus possible, on redescend. Après 1h30 de descente on se repose au refuge. Et le brésilien admet qu’il est très content d’être redescendu, lui aussi est dans un sale état : il a pris trop de médicaments pour essayer d’aller mieux (un diamox, un ibuprofène, et 3 cachets contre la surtension… le tout sans boire ni manger, je vous laisse imaginer son état).
Voici quelques rares photos :





Donc nous ne sommes pas allés en haut de ce Huayana Potosi. Je ne cocherai pas la case des 6000 m gravis cette fois. Mais je suis contente d’avoir eu cette mini initiation à l’alpinisme, d’avoir su dire stop à temps. Car cela fait aussi partie de l’apprentissage de la montagne. Malgré la douleur, c’était beau de marcher dans la nuit, de voir toutes ces étoiles et les lumières de la ville El Alto au loin. Et mon petit doigt me dit que pour y arriver j’aurai besoin d’une meilleure condition physique et de préparation. Alors une prochaine fois peut-être !
Alors voilà pour la dernière aventure en Bolivie, je retourne maintenant au Pérou !